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Sur la route

Le déménageur savoyard

Cette petite aventure est ma première expérience en stop. J’avais bien dû en faire une ou deux fois pour me dépanner, mais c’est tout. C’était juste avant que je démissionne du secours.

Ce projet m’est venu naturellement en tête à force d’accueillir des couchsurfers chez moi. Partir sur la route en auto-stop, à pied, en planifiant le moins possible. Je me suis aperçu que c’était une envie parmi d’autres que j’avais enfoui au fond de moi.

Je ne suis pour le moment jamais parti plus de 2 semaines. Par contre j’ai pour projet de partir plus longtemps.

La peur de commencer

C’est moi qui ai décidé de ce voyage, et pourtant…

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Auto stopCette petite aventure est ma première expérience en auto stop. J’avais bien dû en faire une ou deux fois pour me dépanner, mais c’est tout. C’était juste avant que je démissionne du secours.

Ce projet m’est venu naturellement en tête à force d’accueillir des couchsurfers chez moi. Partir sur la route en auto-stop, à pied, en planifiant le moins possible. Je me suis aperçu que c’était une envie parmi d’autres que j’avais enfoui au fond de moi.

Je ne suis pour le moment jamais parti plus de 2 semaines. Mais j’ai pour projet de partir plus longtemps.

La peur de commencer

C’est moi qui ai décidé de ce voyage, et pourtant je fais tout pour éloigner de quelques minutes le départ. De plus, rien d’exceptionnel, je pars juste 2 semaines en République Tchèque. Pays que je commence déjà à connaître un tout petit peu.

Oui mais, je pars en auto-stop, et ça c’est nouveau. La peur de rester une éternité sur le bord de la route.

  • Est-ce que je vais arriver à gérer ?
  • Et le soir, selon où je me trouve pour dormir ?

Ce qui est nouveau fait peur. Nous avons beau savoir que nous ne risquons quasiment rien, la peur et le doute sont là. C’est valable pour tous les domaines de la vie. La peur est ce qui nous empêche tous d’avancer.

Bref je fais ce petit test par envie, pour me tester avant un projet plus grand. Pour faire des rencontres, car je pense que c’est une expérience humainement très enrichissante.

Parce que je serai forcé de lâcher prise sur l’expérience, le quotidien, de vivre à fond le moment présent, et cela me fera grandir, m’aidera par la suite à aller de l’avant plus facilement. J’ai envie de vivre quelque chose de différent.

Je pense que nous voulons tous sortir de nos habitudes pour être réellement nous-même. Des habitudes qui ne sont d’ailleurs pas les nôtres, mais celles que notre éducation, notre société nous inculquent.

Nous n’apprenons pas à avoir confiance en nous, c’est même tout le contraire. Avancer demande donc de passer à l’action, même si l’on à peur. Parce que cette peur et presque toujours irrationnelle.

Il n’y a pas d’autre alternative que d’agir.

Je suis donc au travail, avec mes 2 sacs. Un petit où j’ai surtout mes affaires pour la journée et que je garderai toujours avec moi et un plus gros. J’ai prévu dans le gros sac duvet et matelas pour pouvoir passer une nuit dehors en plein confort.

Un café avant le départ

Pour l’heure, je discute avec quelques collègues autour d’un café, ce qui me permet de repousser de quelques minutes l’échéance. C’est bizarre, à la fois cette furieuse envie de partir, et cette retenue, cette appréhension en même temps.

Mais pour le moment, passer au-dessus de ces peurs, des clichés bien trop véhiculés par les médias, pour vivre une expérience humaine enrichissante et voir par soi-même. Voyager autrement que comme un simple bien de consommation.

Un bon coup de pied au cul et c’est parti

J’ai demandé des conseils à un collègue. Il était parti sur les routes de France en stop avec son fils un an auparavant. Il m’a conseillé pour mon point de départ.

Je prendrai les autoroutes pour avancer plus vite. Il ne me dépose pas au péage mais à la rampe d’entrée de l’autoroute, 100 mètres avant le péage. Je vais à pied au péage et lui n’a pas à rentrer sur l’autoroute, c’est parfait pour nous deux.

Le faux mauvais départ

Alors que je commence à marcher vers le péage, je n’ai pas fait 20 mètres qu’une patrouille d’autoroute passe. “Monsieur, il est interdit…..bla bla bla, bla bla bla”. Je me contente donc du carrefour de la bretelle d’entrée.

C’est un coin tranquille sur une route de campagne, il fait grand soleil, aucun soucis de sécurité, mais aussi quasiment aucune voiture qui passe par là pour prendre l’autoroute. Contrairement au péage.

Décidément, ça commence bien ce voyage en stop. Me voilà dès le départ bloqué à un endroit dont l’intérêt pour l’auto-stop est proche du néant.

Je ne reste pas négatif, je sors mon grand cahier canson. Sur la première page j’ai écrit “Chambéry-Lyon”. Il fait beau, je suis dans un petit bout d’herbe, bon ok tout petit, et j’attends mon bienfaiteur.

Ce sera une bienfaitrice, au bout de seulement 15 minutes d’attente, qui m’amènera jusqu’à Lyon. Elle travaille pour les hôpitaux de Lyon et fait la tournée des particuliers pour récupérer du lait maternelle.

Le déménageur savoyard

Elle me dépose sur une aire d’autoroute choisie avec attention (il existe une carte de France des aires d’autoroute, c’est très pratique en stop).

Le voyage toute la journée se passe à merveille, avec au maximum 1h d’attente. D’un Hollandais parlant français et passant tous ses étés dans le sud de la France avec des amis. Jusqu’à un déménagement farfelu le soir à Illkirch (à côté de Strasbourg) auquel je vais participer.

Faire du stop et se retrouver à participer à un déménagement, c’est quand même unique.

Danikou travaille dans la sécurité et déménage pour l’ouverture d’un nouveau magasin. C’est sa boite qui lui a réservé un appartement pour son arrivée, vu qu’il déménage à leur demande. Seul hic, l’appartement est tout petit. Nous déménageons donc ses affaires dans l’entrepôt bondé du magasin.

Il est tard, je dormirai à Illkirch ce soir, après un déménagement et un kebab que m’a offert Danikou pour me remercier de l’aide (seul “restaurant” ouvert à cette heure-ci, tard). Le comble, sachant qu’il m’a aussi rendu service en me prenant en stop.

Le lendemain matin, je prends le bus pour traverser Strasbourg direction Kehl, de l’autre côté de la frontière. L’idée de traverser Strasbourg en stop ne m’effleure pas. La plupart des gens vont à leur travail, ça me prendrait des heures.

Deuxième jour

Après avoir pris le temps de prendre un petit déjeuner en terrasse dans le centre d’Illkirch, me voilà à Kehl. L’endroit paraît peu pratique pour l’autostop, c’est une 4 voies qui traverse le village. Je m’en vais demander conseil auprès d’une commerçante en espérant qu’elle parle français. Mais pour l’heure c’est la fin du premier épisode, la suite demain…

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12 réponses sur « Le déménageur savoyard »

et bien, j’ai hâte de lire la suite… Personnellement, c’est vrai que le stop me fait peur, vu comme tu dis tout ce qu’on entend.. que ce soit pour en faire ou pour en prendre d’ailleurs ! sauf si je connais bien sûr…
et puis aller en plus dans un pays étranger… tu parles le tchèque ;)?
J’aime bien ta phrase : “Je pense que nous voulons tous sortir de nos habitudes pour être réellement nous-même” , peut d’entre nous osent franchir le pas..

La suite est déjà là. 😉
Le stop n’est qu’un exemple. Ça été le stop pour moi, ça peut être autre chose pour une autre personne.
Ce qui est important en stop est de faire confiance à son intuition.
Par contre, c’est une excellente école au lâcher prise. Peu de jeunes français partent sur la route, avant de rentrer dans la vie active. Plus des étrangers. C’est dommage, je pense que c’est une bonne expérience pour le lâcher prise, et s’apercevoir que l’on peut s’en sortir, faire des choses sympa, avec pas grand chose.
Oui je parle un peu Tchèque, et je suis très mauvais en Anglais. 😀

Pour revenir à ce que tu dis, peut d’entre-nous osent franchir le pas. (D’ailleurs, cet échange vient de m’inspirer un billet, merci).
C’est vraiment le plus difficile, franchir ce petit pas pour changer ses habitudes qui ne correspondent pas forcément à nos valeurs, mais nous rassurent. Juste commencer par un tout petit pas, une chose simple.

Tu as raison, il faut commencer “petit”. Dans l’émission sur le bonheur l’autre jour, l’une des clé était de faire plaisir aux autres, comme ça, sans raison, juste pour le plaisir. On a donc demander donné 20 € aux candidats pour qu’ils puissent en faire ce qu’ils veulent, à condition d’offrir quelquechose aux gens dans la rue. Certains ont acheté des chocolats, d’autres des roses, pour les proposer. Et bien, certains n’osaient pas accepter, et un des candidats n’a pas pu franchir le pas et aborder un inconnu dans la rue pour lui offrir quelquechose.. Comme quoi, la peur nous tenaille et nous limite sans que nous en ayons saisi toute la portée !

C’est intéressant, c’est clair que tout ce qui n’est pas commun et sort des habitudes fait peurs. Alors faire un cadeau à un inconnu.
Faudra que j’essaie, je pense que ça va me mettre la pression. 😀
Nous avons dans certaines circonstances du mal à donner, mais souvent ça va car c’est valorisant, mais énormément de mal à recevoir. C’est flagrant quand tu regardes la vidéo d’aujourd’hui.

tiens, j’ai même pas pensé à le faire moi même ! tu me diras ce que ça a donné.. allez, je vais essayer aussi 🙂
tu parles de la vidéo sur l’art de donner ? je ne l’ai pas vu, impossible de la télécharger, je vais réessayer aujourd’hui, ça marchera peut être mieux.

Au fait, cet après midi j’étais chez le coiffeur (beurk) et comme je n’avais rien à faire, je me demandais quoi offrir à un inconnu ?? et à ce moment là, pub à la radio sur la super cagnotte … de l’inconnu justement, pour le super loto de vendredi. Tu vois comme la loi d’attraction répond à nos questionnement pour peu qu’on soit attentif.. ça tombait super bien, le symbole est joli en plus !
Donc, j’achète mon billet (2€) et arpente la galerie marchande en me demandant à qui j’allais l’offrir.. Sentiment bien agréable, et contre toute attente : un sentiment de “pouvoir”, complètement factice il est vrai mais peut être dû au fait que potentiellement, j’offrais 8 millions d’euros à un inconnu !
Bon, cela dit, je n’ai trouvé personne à qui j’avais ENVIE de l’offrir, donc il est resté dans ma poche, mais j’ai jusqu’à vendredi pour me faire plaisir en faisant plaisir à quelqu’un … 🙂

c’est bon, j’ai vu, tout est passé, avec quelques petits ratés mais pas grave du tout (peut être parce que je n’ai pas de haut débit !). Effectivement, elle n’a pas peur…Est ce que lorsqu’on est libéré de la peur, on a accès pleinement à nous mêmes ??
Avec internet, il est facile de parler à des inconnus, parce qu’on se sent protégé de l’extérieur vu qu’on est chez soi (erreur, on peut tout aussi bien faire de mauvaises rencontres !). Paradoxalement, plus on communique facilement avec le monde entier, plus on se replie sur soi, remplaçant les relations physiques par des relations virtuelles. Donc, on restant de plus en plus devant son écran, on risque d’avoir de plus en plus peur d’affronter le monde extérieur.. Internet est l’outil rêvé pour les agoraphobes, mais n’est pas prêt de les sortir de leur monde. Trouver le juste milieu, l’équilibre en toute chose est sans doute la clé du bonheur !

Oui, il ne faut pas oublier qu’internet, les ordinateurs, etc… Même si ce sont de fabuleux outils, ne sont que des outils. Et des outils ne peuvent que servir la vie et non la remplacer, ou servir pour se cacher.

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