Catégories
Développement personnel

Ne regardez pas que les nuages – Le bien et le mal, c’est dépassé

Pendant longtemps j’ai eu beaucoup de mal à me remettre en question. Pas que je ne voulais pas, je savais que j’en avais besoin, mais je bloquais. Le manque de confiance profond que j’avais, faisait qu’à chaque fois que je voulais changer, porter un regard sur mes erreurs m’enfonçait encore plus.

Mais alors, pourquoi est-il si difficile de se remettre réellement en question, alors que nous voulons tous avancer ?

Partager cet article
Regardez par delà les nuages.
Ne focalisez pas sur les nuages, l’orage. Mais aussi sur ce qu’il y a de beau autour, derrière. Sur ce qu’ils apportent de bon.

Pendant longtemps j’ai eu beaucoup de mal à me remettre en question. Pas que je ne voulais pas, je savais que j’en avais besoin, mais je bloquais. Le manque de confiance profond que j’avais, faisait qu’à chaque fois que je voulais changer, porter un regard sur mes erreurs m’enfonçait encore plus.

Mais alors, pourquoi est-il si difficile de se remettre réellement en question, alors que nous voulons tous avancer ?

Ce n’est pas ma faute

Notre monde est la somme de toutes nos pensées. Nous savons que ça va mal, mais nous ne nous remettons en question que très difficilement. Il y a toujours une excuse, c’est toujours la faute d’un autre, que nous soyons citoyen, homme d’état ou chef d’entreprise.

Mais la remise en question n’est-elle pas le fait de regarder soi ce que l’on a à changer, plutôt que rejeter la faute sur les autres ?

Je n’échappe évidemment pas à cette règle, et jusqu’à il y a un certain temps j’avais énormément de mal à me remettre en question. C’était entre autres au niveau de mes relations sentimentales, c’était une véritable catastrophe. Mais pas seulement, et il y en a bien d’autres à faire.

Je savais que j’avais des changements à faire, mais pendant longtemps il a été plus simple de reporter la faute sur une incompréhension des autres, sur le manque de chance, sur leur manque de respect, que d’agir.

Comme m’a dit une amie un jour où j’étais au fond, “la merde ça se fait à deux”. Mais le fait est que reprocher les erreurs de l’autre ne change rien. La seul chose qui peut être changée est soi, ensuite on peut espérer inspirer.

La question est donc qu’est-ce qui chez moi, me limite ?

Il a fallu que je me prenne de nombreuses claques avant d’accepter de me remettre en question. Atteindre le fond pour lâcher-prise.

Pourquoi avons-nous du mal à nous remettre en question ?

Je vais prendre un exemple qui risque de faire grincer des dents, mais facile et d’actualité, puisque c’est une remise en question que nous traversons. La violence psychologique et corporelle des enfants dans l’éducation (au sens large).

Les enfants sont ce que nous considérons de plus précieux, ce que nous aimons et chérissons le plus, et ils sont aussi tous nos espoirs. Nous voulons leurs donner les meilleurs moyens pour qu’ils s’épanouissent, réussissent.

De plus en plus de personnes s’élèvent pour changer radicalement nos rapports adultes/enfants, indispensable pour les enfants et si nous désirons toujours changer le monde de demain, qu’il soit moins violent.

Il y a de plus en plus d’initiatives, de plus en plus d’expériences éducatives en parallèle à celle étatisée.

De plus en plus de livres sont écrits, de reportages tournés, pour sensibiliser. Le chemin d’une communication plus respectueuse de tous fait son chemin. D’ailleurs, les résultats de toutes ces techniques, quand elles sont utilisées, parlent d’eux-mêmes.

Pourtant le changement se fait à une vitesse d’escargot. Ça reste minoritaire. Pour exemple, la fameuse loi anti fessée à fait beaucoup rire (énerver) en France, alors qu’elle a été adoptée depuis plusieurs décennies dans de nombreux pays avec d’excellents retours.

Y a t’il besoin d’une loi pour changer ce rapport là. Non ça pourrait se faire sans, mais est-ce le cas.

Des “erreurs” qui font mal

Le regard que nous portons sur nos actes passé et présent, afin de changer le futur très proche et lointain est trop dur à supporter.

Nous ne pouvons pas accepter qu’alors que nous voulions tant bien faire, nous avons fait ce que nous considérons aujourd’hui comme des erreurs. Des erreurs qui ont apporté de la souffrance. C’est d’autant plus insupportable sur des sujets aussi importants et chers à notre coeur.

C’est de là que vient notre difficulté à nous remettre en question. Le regard qu’elle fait porter sur qui nous sommes, et l’héritage que nous avons reçu de gens que nous aimons.

Nous nous jugeons et nous nous sentons coupable. Tellement coupable, qu’avant même de se remettre en question, de considérer, nous repoussons, raillons, ou trouvons des excuses.

J’ai pris l’exemple de l’éducation au sens large, mais cette réflexion est applicable à tous les sujets.

Le bien et le mal. Ce qui est utile et ce qui ne l’est pas

Nous jugeons tout ce que nous faisons au vu de nos valeurs de bien et de mal. Mais ces valeurs sont très subjective. Tout en étant utiles pour nous définir et avancer, elles nous limitent et nous bloquent.

Qui aime faire des erreurs, du mal, et s’en apercevoir ?

Il y a des choses que vous avez fait hier, il y a 5 ans ou 10 ans, que vous jugiez bien à l’époque, et qui vous ont sûrement été utiles dans votre évolution. Pourtant aujourd’hui vous ne le feriez pas, vous jugeriez ça mal.

Ne jugez pas le passé, ce qui a été fait, ce que vous avez fait, en vous rabaissant et de façon négative.

Même si vous ne comprenez pas l’utilité qu’il a eu, ce que vous jugez comme des erreurs était nécessaire à une évolution.

Ainsi quand l’école pour tous est apparue, ça été une grande révolution et un grand pas en avant, c’était fabuleux.

Si nous regardons avec les yeux actuels, nous pouvons dire quelle était uniformisatrice. Elle était faite pour former des gens éduqués, mais obéissant. Et c’est encore le cas aujourd’hui.

Ce n’était pas forcément un mal, dans le sens où ça servait le besoin d’avancement. Pour créer les infrastructures que nous utilisons aujourd’hui, il y avait besoin de bras obéissants. Comme il y avait besoin de cette dureté au mal pour mieux l’affronter.

En regardant aujourd’hui nous pouvons juger ce que nous appelons les “mauvais” côtés en mal. Parce que cela annihile la personnalité, est une atteinte à la liberté d’être différent, d’être soi. Pourtant c’était un réel besoin d’évolution et non un mal.

Un monde, vous, en évolution

Notre monde est une chose avançant, évoluant au fur et à mesure de ses prises de consciences. Plus précisément, de nos prises de consciences. Porter un jugement est indispensable à avancer et se remettre en question, même s’il est subjectif et changeant.

Il en est de même pour vous. Ce qui vous servait hier, ne vous sert plus aujourd’hui. Ce que vous avez vécu hier de difficile ou les “erreurs” que vous avez faites ont leurs raisons, même si vous ne les trouvez pas.

L’enfant lorsqu’il apprend à marcher et tombe sans cesse se dit-il que c’est mal ?

Lorsqu’il apprend à communiquer avec les autres et fait des erreurs, peut-être blessantes, est-ce mal ?

Bien sûr que non. Et l’apprentissage c’est toute la vie, il ne se cantonne pas à l’enfance.

Quelques règles peut-être évidentes, mais qu’il est bon de rappeler

  • Questionnez-vous en premier sur ce que vous ne voulez pas remettre en question. Sur l’acquis.
  • Considérez ce qui vous sert ou pas, plutôt qu’une notion de bien ou de mal qui vous paralyse.
  • Ne restez pas bloqué à cause de votre culpabilité.
  • Pardonnez-vous. Ca peut prendre du temps, mais faites-le.
  • Ne vous jugez pas durement.
  • Ne portez pas de jugement de valeurs sur ce que vous avez fait dans le but de vous descendre, mais de changer pour faire mieux uniquement.
  • Concentrez-vous sur ce qu’une chose peut vous apporter en bien, plutôt que vous flageller de ne pas l’avoir su plus tôt.
  • Vous n’avez rien fait de mal. Vous ferez une chose de mal le jour ou volontairement, vous penserez et voudrez faire mal.
  • Nous sommes tous en train d’apprendre, d’évoluer. L’erreur est donc normal et nécessaire et non une tare comme nous l’apprenons.
  • Acceptez de faire des erreurs et de vous tromper. Ca prouve que vous avancez.

La but n’est pas de savoir que vous avez des remises en questions à faire. Nous le savons tous. Le truc est d’y réfléchir, de l’accepter et d’agir. Le savoir et réellement changer sont deux choses complètements différentes.

Quel que soit le domaine où vous avez des remises en questions à faire, ne les repoussez pas parce qu’elles vous renvoient une image négative de vous, au vu de ce que vous avez fait. Ces erreurs étaient une chose nécessaire pour apprendre, changer.

Ne les repoussez pas non plus parce que vous n’arrivez pas à vous pardonner tout de suite. C’est normal ça peut prendre du temps.

Considérez ce qui vous sert ou pas, en fonction de l’idéal que vous voulez réaliser.

Vous êtes d’accord, pas d’accord, dites-le ci-dessous.

Crédit photo : © Frédéric Bos

Partager cet article

7 réponses sur « Ne regardez pas que les nuages – Le bien et le mal, c’est dépassé »

100 % d’accord, tout est dit, je n’ai rien à ajouter ! juste, je suis en train de me demander ” qu’est ce que je ne veux pas remettre en question ?”… et je n’ai pas encore trouvé la réponse :)), mais la petite graine est semée..

oh oh !!! je vois qu’il y a du changement, maintenant on peut corriger nos fautes, super 😉 !

Oui, j’avais déjà le plugin, mais il n’était pas activé. Ca m’a juste demandé un clic.
Merci. Il n’est à mon avis pas facile de le voir à froid. Mais comme tu dis, une fois que la graine est planté, ça te sautera plus facilement aux yeux le moment venu.

Je ne sais pas si je suis dans le bon billet, mais bon… Quelque chose m’interroge en ce moment, et je ne comprends pas pourquoi. Comme je te l’ai expliqué sur un autre post, j’ai un garçon handicapé (dysphasique) de plus de 20 ans. A l’époque, très peu de médecins connaissaient cette maladie : donc peu d’informations, pas de dépistage, et les balbutiements de la rééducation. Comme toujours, les parents passent par diverses phases : incompréhension, déni, colère, culpabilité, soulagement, espoir, déception, acceptation/renonciation. Tant que l’enfant est petit, on se bat, on cherche, on remue ciel et terre pour faire avancer les choses, faire évoluer les mentalités. C’est un combat de tous les instants, difficile, éprouvant, usant, mais enrichissant aussi : parce qu’on se découvre des richesses insoupçonnées de patience, d’opiniâtreté, de volontarisme, de dépassement de soi et d’ouverture vers les autres. A l’époque, on n’avait pas le recul nécessaire pour savoir ce que deviendrait ces enfants à l’âge adulte, et il était très difficile de joindre des parents qui avaient eu ce même parcours avec leurs enfants des années auparavant. Et je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas pourquoi ils s’étaient désengagés, pourquoi ils ne participaient pas aux réunions, aux colloques, etc pour partager leur expérience.
Aujourd’hui, par l’intermédiaire d’une amie commune, mon mari a contact avec une dame qui s’occupe d’une association de ce type et qui doit venir en septembre pour nous rencontrer. Et c’est là que je suis perdue : je me retrouve dans la situation inverse d’il y a quelques années, à savoir que c’est moi qui a l’expérience derrière moi et qui ne souhaite pas remuer le passé. Pourquoi ? pourquoi cette boule dans ma gorge et les larmes aux yeux au moment même où j’écris ? La douleur que je pensais avoir domptée me saute à la figure, pourtant les choses ont pris leur place aujourd’hui. Nous avons fait avec les moyens du bord, au mieux pour notre fils. Etaient-ce les bons choix ? Nous ne le saurons jamais, peut être y en avait-il de meilleurs, peut être pas. Je n’ai pas envie de rencontrer cette femme, sans aucun doute au demeurant très gentille et intéressante à connaître. Je comprends aujourd’hui les réticences de ces parents d’hier : ce n’est pas qu’ils se fichaient des autres enfants à venir. Simplement, c’était trop douloureux pour eux. Peut être même ressentaient-ils une forme de trahison : eux aussi s’étaient battus et n’avaient récoltés que de maigres récompenses par rapport aux efforts fournis. Ils n’avaient pas été écoutés, ou du moins, entendus. Leurs enfants avaient été considérés comme un gagne-pain, une marchandise qu’on jette lorsqu’elle n’offre plus d’intérêt. Il était trop tard pour eux, alors à quoi bon ?
Mais est-il jamais trop tard ? Qui dois-je écouter ? la jeune femme perdue d’hier ou la femme désabusée d’aujourd’hui ? Plus clairement, dois-je écouter mes ressentis d’aujourd’hui, c’est à dire ne pas avoir envie de communiquer ou bien est ce que je dois faire l’effort de participer aux échanges ?
De toute façon, elle viendra, je suppose que je verrai bien le moment venu mais j’ai pas, mais alors pas du tout envie d’y être !!

Nous avons tous tendance dans l’urgence d’une situation trop douloureuse et l’incompréhension à enfuir. Il n’y a rien de mal à ça, c’est un besoin face à ce qui fait mal. Tu n’as je pense pas à t’inquiéter face à tes émotions qui remontent.
Ne crois-tu pas que les affronter en étant bienveillante te permettrait d’avancer ?
Même si c’est difficile, c’est une bonne chose. Quel que soit ce qu’on nous ait dit enfant. Faut pas pleurer, faut être fort, etc…
Accepter la colère, les douleurs, l’incompréhension, la culpabilité ?
Tout ça n’a rien de mal.
Peut-être est-il bientôt tant que tu laisses sortir, pour porter un nouveau regard dessus, une fois libéré des émotions. Je sais tout cela est facile à dire. D’où l’occasion qui t’est donnée.
Peut-être aussi je me trompe.
Quelle femme tu dois écouter ?
Ou peut-être dois-tu écouter ce que t’offre en occasion la vie pour avancer ?
Porter un regard nouveau, sans jugement mais avec bienveillance.
Il n’y a pas d’obligation, ni de mauvais choix. Que ce soit dans ceux que vous avez fait, comme dans ceux que tu feras.
A quoi devraient servir nos choix? Nous faire avancer en apprenant et par conséquence servir la société ou servir la société au détriment de nous-même ? Le regard que porte la société et ce que notre système exige d’une personne ne nous fait-il pas porter un regard trop dur et faussé sur nos choix ? Surtout au vu du regard que porte la société sur les personnes handicapés.
De quoi as-tu peur ?
Personne ne peut enlever votre douleur, vivre à votre place ou imaginer. Et surtout pas moi.
Mais je pense que tu as l’occasion de faire ressortir les émotions enfouies afin de pouvoir ensuite, une fois tout ça évacué, porter un nouveau regard sur tout ça avec plus de compréhension et tous grandit. Et aussi, être apaisée.
Je ne sais pas si tout ça peut bien t’aider. Ce sont des moments difficiles et il est facile de parler de ma place.
Relis peut-être le passage sur les personnes handicapées dans le livre de Michel Odoul.

Tu es quelqu’un de très gentil Lionel, dans le sens le plus noble du terme, gentil et ouvert. Je ne culpabilise plus sur ce qui est arrivé, notamment grâce à mon amie Marie qui m’a aidé à voir les choses autrement. Je sais aujourd’hui que tout, absolument tout, a un sens et que tout ce que nous faisons, tout ce que nous vivons, tous les gens que nous rencontrons font partie d’un processus qui dépasse la logique humaine. Apprendre est sans doute le maitre mot de notre existence, apprendre et comprendre par l’expérience. Je ne sais pas pourquoi ces émotions remontent à la surface maintenant, certainement que je n’ai pas “digéré” certaines choses, que je n’en ai pas compris d’autres. J’ai énormément appris de mes enfants, et j’apprendrai encore. Bien sûr, personne ne peut se mettre à la place de quelqu’un d’autre, je ne peux pas me mettre à la place de mon fils. Le regard que je porte sur sa vie n’est pas le même regard qu’il porte sur la sienne. Je le croix heureux, c’est le principal.
“Wait and see”…:)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *