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Sur la route

Trip en stop (fin)

Ce billet est la suite et fin de celui-ci. Donc, si vous ne l’avez pas lu, allez-y pour le lire en premier.

Bingo, elle parle français et me signale une station service pas loin. C’est là-bas que tous les stoppeurs s’installent. C’est parfait, j’y attends une heure, mon cahier canson griffonné de noms de villes Allemandes en allemand.

Je ne suis pas le seul, un autre stoppeur fait le tour des voitures à la station.

Même quand vous n’attendez qu’une heure, ce qui peut paraître beaucoup pour certains mais ne l’est pas, le temps devient vite long. Surtout à une station service au passage important, au bord d’un axe principal, avec si peu d’intérêt des conducteurs parce qu’il y a beaucoup de locaux.

Un jeune belge vient me voir et…

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Prague
Prague

Ce billet est la suite et fin de celui-ci. Donc, si vous ne l’avez pas lu, allez-y pour le lire en premier.

Bingo, elle parle français et me signale une station service pas loin. C’est là-bas que tous les stoppeurs s’installent. C’est parfait, j’y attends une heure, mon cahier canson griffonné de noms de villes Allemandes en allemand.

Je ne suis pas le seul, un autre stoppeur fait le tour des voitures à la station.

Même quand vous n’attendez qu’une heure, ce qui peut paraître beaucoup pour certains mais ne l’est pas, le temps devient vite long. Surtout à une station service au passage important, au bord d’un axe principal, avec si peu d’intérêt des conducteurs parce qu’il y a beaucoup de locaux.

Un jeune belge vient me voir et me demande où je vais. Je sors la carte pour comparer nos destinations. C’est parfait, nous allons faire un bon bout de chemin ensemble. Il m’avance bien et me fait faire quelques découvertes musicales.

Il a fait la fête tard la veille et il est un peu fatigué (j’ai pas dit alcoolisé mais fatigué), je prends donc le volant. Il me pose avant Nuremberg.

Na zdraví. (à votre santé en Tchèque)

À partir d’ici je veux être pris en stop par un Tchèque. Pour avoir plus de chance, j’écris en gros sur mon cahier “Ceska Republika”.

Ça fonctionne, après un peu d’attente un camionneur s’arrête à la sortie de l’aire de repos. Je cours vers le camion et au moment où il sort pour m’aider et me demander où je vais, il est surpris de voir un étranger.

Mon panneau est écrit en Tchèque et il s’attendait à un Tchèque. Mais à mon accent quand je parle tchèque il devine très rapidement la tromperie. Il m’aide à monter mes sacs dans la cabine et les range sur sa couchette derrière.

Pavel est d’Ostrava et arrive de France.

Je regarde comment est organisée la cabine pour son quotidien. La couchette dans notre dos, au dessus de nos têtes les photos de sa famille. Entre nous deux un carton à l’envers sur lequel il a posé son ordinateur.

Nous sommes tous les deux dans la même tranche d’âge et discutons tout le long du trajet. Nous discutons de sujets très divers, de son quotidien de chauffeur, ses passions, sa famille, je lui pose des questions variées sur la Tchéquie.

Il me propose rapidement une bière tchèque, en me précisant néanmoins qu’il ne peut pas m’accompagner. Il conduit, donc il ne boit strictement rien.

Un pied en République Tchèque

Après ce long morceau avec lui, il me dépose à l’endroit qui lui semble le mieux pour moi, une station service un peu après la frontière. Je n’attends pas longtemps. Au bout de 20 à 30 min un chauffeur avec un fourgon me demande où je vais.

Prague, c’est parfait, il habite à Zlicin un quartier de banlieue, il me déposera au métro. Il me demande juste d’attendre le temps qu’il fasse une petite pause.

Ce dernier trajet vers Prague est parfait, il finit de me remettre dans le bain avec la langue. Mon chauffeur prend la peine de parler plus lentement, de répéter ou de reformuler pour que je comprenne.

Nous échangeons sur des sujets divers, y compris politique, et sécurité.

En effet, il arrive de Paris où c’est la deuxième fois qu’il se fait ouvrir le fourgon. Il est un peu “énervé” sur le sujet, me demande si c’est normal en France et comment ça se fait.

Il n’a pas ces problèmes dans les autres pays où il roule.

Arrivée à Prague

Il me pose près du métro et joue le rôle d’une banque de change.

Il est tard et je ne veux pas me prendre la tête, je vais me trouver un hôtel pour la nuit. J’en connais un très bien dans un quartier sympa, pas trop loin du centre et qui n’est pas très cher.

Je crains que toutes les chambres soient prises, il commence à être tard, et nous sommes encore en août. Coup de chance, il en reste au moins une.

Je peux enfin poser mes sacs, me prendre une bonne douche et aller me boire une bonne pinte de bière tchèque.

Demain je prends le bus pour Nové Mesto Pod Smrkem, dans le nord, rejoindre un ami qui m’a invité pour y passer un bon week-end sachant que j’arrivais. Un week-end sportif, festif, culinaire, et arrosé.

Bilan

Avec ce premier test de l’auto-stop je peux dire que j’ai été agréablement surpris. C’est un moyen de transport qui marche bien, j’ai mis 2 jours pour arriver à Prague d’Albertville.

Une première étape Albertville/Strasbourg puis une deuxième Strasbourg/Prague. Loin des clichés que beaucoup de gens ont, mais ça je le savais avant (éteignez votre télé, vous ne pouvez pas vous faire un plus beau cadeau). Mais encore faut-il s’y frotter pour vraiment les faire tomber, et ne plus les subir.

Les gens que l’on rencontre sont fabuleux, généreux, ont envie d’échanger, sont curieux, ils désirent en savoir un peu à propos de votre voyage, c’est un échange où chacun apprend de l’autre.

Bref, c’est enrichissant et cela fait partie des nombreuses expériences rassurantes sur la nature humaine. C’était juste un tout petit voyage et essai. 4 jours de stop (les 2 jours du retour en plus) sur 2 semaines ce n’est pas beaucoup.

Les habitudes

Pour tous il est difficile de sortir de ses habitudes, de ce que nous considérons comme acquis, pour se créer de nouvelles expériences.

Pourtant c’est à mon avis un moteur fabuleux d’enrichissement et d’épanouissement. Nous voulons tous de la nouveauté, de nouvelles expériences simples et à nos yeux fabuleuses dans nos vies.

A défaut de trouver les ressources d’affronter nos peurs, nous créons cette nouveauté en consommant.

La raison pour laquelle nous avons du mal à sortir de nos habitudes est la peur. Tout le monde y est confronté, chacun à son niveau.

Plus vous vous y confrontez, plus vous repoussez petit à petit vos limites en faisant de nouvelles expériences, plus vous vous apercevez que les peurs sont dans plus de 90% des cas (99%) infondées. Et que vous pouvez gérer.

Il devient donc plus facile de lâcher prise et d’accepter que nous ne pouvons pas tout maîtriser, que c’est une illusion.

Plus vous avancez et affrontez vos peurs, plus ça devient facile.

A partir de là, faire les changements par petite touche pour changer sa vie devient plus facile. Il devient évident qu’il faut avancer coûte que coûte, même lentement, plutôt que stagner par peur.

7 choses importantes sur la peur et vos rêves

Que vous vouliez créer une entreprise, vous lancer dans une carrière artistique, changer radicalement votre vie, vous reprendre en main. Partir en vacance à pied, à vélo, en stop, autour du monde. Le plus difficile est de commencer à agir, de se lancer.

Les personnes qui font de grandes choses, ou simplement des choses que vous aimeriez bien faire, ne sont pas plus douées que vous. Elles ont juste commencé.

Eux non plus ne savaient pas ce qui allait précisément se passer. Ils avaient sûrement des peurs, mais ils se sont lancés, et se sont améliorés au fur et à mesure.

  • Ne comparez pas ce que vous voulez faire par rapport à ce que font d’autres. Ils font le tour du monde à pied sur 5 ans et vous juste 2 semaines en stop. Les deux sont super.
  • Commencez, même si vous avez peur. Vous ne pourrez jamais tout savoir ou maîtriser avant, c’est une illusion. Donc lancez-vous.
  • Vous verrez en prenant de l’assurance que l’incertitude est un plaisir. Tout savoir est rassurant mais profondément “ennuyeux”. Le besoin de savoir vient de la peur.
  • Imaginez les situations difficiles qui vous bloquent. Comment y feriez-vous face? Vous vous apercevrez que vous connaissez déjà, à tête reposée des solutions. C’est rassurant.
  • Ne vous limitez pas.
  • Si vous vous sentez incapable, commencez par petites touches. Ce n’est pas important par quoi vous commencez. Commencez là où vous en êtes. En direction de vos peurs.
  • N’attentez pas d’être prêt pour commencer. On est jamais prêt pour se lancer dans l’inconnu.

Et vous qu’avez-vous envie de faire pour élargir vos horizons, repousser vos peurs toujours un peu plus ?

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6 réponses sur « Trip en stop (fin) »

j’ai la réponse à ma question : tu parles tchèque donc… Bravo d’avoir oser, tout simplement, et de nous faire découvrir ton aventure. La peur, on en revient toujours au même, ce frein… c’est vrai que je suis une trouillarde, à chaque nouveauté ou challenge, je me laisse gagner par ce qui pourrait arriver de pire, donc du coup, je ne profites pas du moment présent. Je le sais, c’est déjà ça, mais impossible de m’en défaire, et pourtant, je me soigne ! 🙂 Je lis, je partage, mais..
Très bon article Lionel, A méditer…

Merci beaucoup. 🙂
Je dois t’avouer quelque chose, j’ai le cerveau qui bouillonne beaucoup aussi. Une vrai calamité. J’imagine plein de scénario qui ne se passe jamais. 🙂
J’ai aussi peur, et je pense que nous avons tous peur, à des stades différents. La peur gouverne notre société à tous les niveaux. Y compris et surtout les plus hauts. Et le pire, nous l’entretenons.
C’est justement pour ça que j’ai fait ça, parce que j’avais peur. Certains seraient parti d’entré de jeu 6 mois, d’autres juste le département d’à côté pour tester. Ce n’est pas bien important.
Je crois que ce qu’il faut arriver à trouver, c’est cette petite chose à faire en direction de la peur qui nous sort de notre confort, mais que l’on se sent encore capable de faire avec un petit coût de pied au cul.
Il ne faut pas d’entré de jeu partir les jambes flageolantes. Au risque de rester bloqué définitivement.
C’est ce que tu as fait avec l’écriture. Tu as franchi une petite étape, et petit à petit tu les franchiras toutes. Donc tu peux te féliciter, faut du courage pour tout ce qui est créatif.

PS qui n’a rien à voir : le jour où tu sors tes écrits en numérique, regarde du côté de createspace. C’est un service d’amazon d’impression à la demande. Donc peu importe que tu vendes un ou 1000 exemplaires. C’est eux qui gèrent.

oh ben ça va alors, si toi aussi “tu bouillonnes” avec des tas de scénarios qui ne se passent jamais (et c’est tant mieux parfois !), je me sens moins seule 😉
Oui, c’est vrai, j’ai franchi un pas en “livrant” une petite histoire sur un forum inconnu, de façon à ce que les lecteurs soient objectifs et ne cherchent pas à me faire plaisir. Du coup, j’ai fait ta connaissance, donc, expérience enrichissante :)))) et je suis très contente de l’avoir fait. + tes précieux conseils et liens vers l’édition, que demander de mieux ?? tous les freins que je pensais m’empêcher d’écrire se sont envolés, cela a été une vraie bouffée de bonheur et de liberté (je t’en remercie encore). Et puis, suite à une remarque blessante sur un forum (on trouvait que je postais trop pour ne rien dire – 14 mini-messages en 10 jours – on m’a demandé de partir, ce que j’ai fait. J’ai été très peinée et déstabilisée, cela était incompréhensible pour moi vu que je n’avais rien posté d’injurieux ou de péjoratif ou quoi que ce soit.. Donc je me suis mise à douter, rebelotte, et depuis j’avoue que j’ai du mal à m’en remettre. Mon amie Marie dirait que cette expérience négative est là pour me mesurer à moi-même et voir mon évolution par rapport aux regards des autres. Ce qui est vrai. Ce qui est difficile aussi, car le fait que des émotions très fortes soient remontées me fait penser qu’il y a autre chose derrière, que je dois découvrir. Je crois que le terme qui a été employé “verbiage inutile”, je l’ai digéré maintenant, donc j’ai évolué dans le bon sens puisque cela fait seulement deux jours: avant il m’aurait fallu beaucoup plus de temps..
Par contre, point de vue créativité, c’est la panne sèche !!
Va falloir que j’aille faire du stop môa….

La méditation et le passage à l’action aide beaucoup à ralentir le blabla du cerveau. En tout cas pour moi.
C’est pas toujours facile de sortir ce que l’on a à dire, ses émotions, mais c’est indispensable. C’est quelque chose que je suis en train d’apprendre.
Il faut que tu le dises je pense quand on te blesse, pas en s’énervant, mais faire sortir les émotions.
Si tu veux creuser, il y a la très efficace question “pourquoi?”. Et à chaque réponse tu la poses à nouveau pour creuser plus profond.
Pour la créativité, un truc qui marche souvent pour moi sortir me balader en pleine nature. Un carnet et un crayon sur moi.
Faire quelque chose de complètement différent pour se changer les idées et lâcher prise.
Commencer à écrire au hasard.
Un livre que j’ai bien aimé, c’est “la guerre de l’art” de Steven Pressfield.
Merci à toi, si j’ai pu t’aider j’en suis content.

oui, faut s’occuper.. heureusement, j’ai des animaux qui m’obligent à sortir et à agir, ce sont de vrais thérapeutes…
oui, tu as raison, il faut dire les choses calmement, ce que j’ai fait : j’ai dit que je n’avais pas de colère, mais une profonde tristesse et de l’incompréhension. Point final. Je ne me suis pas reconnectée. Le pourquoi marche bien c’est vrai, je l’utilise ainsi que d’autres outils “extérieurs”, comme les dates, les étymologies, les associations d’idées, les syncronicités, etc…
Moi aussi j’ai besoin d’être en pleine nature pour me ressourcer et me sentir bien. Vivre en ville, une journée de temps en temps oui, mais pas plus !
Je vais donc lire ce livre, merci Lionel 🙂

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